
Publié le 20/09 /2026
Prix des carburants : le gazole frôle 3 € et les files d’attente reviennent en France
Il y a encore quelques mois, un carburant à près de 3 € le litre relevait surtout du scénario extrême. Cette semaine, ce chiffre est apparu sur les panneaux de plusieurs stations françaises.
À Ostwald, près de Strasbourg, une station Shell affichait le gazole premium à 2,99 € le litre, tandis que le gazole classique atteignait environ 2,89 €. Quelques jours auparavant, une station de Trélazé, près d’Angers, avait elle aussi affiché 2,99 € le litre de gazole.
Ces tarifs restent localisés et ne représentent pas la moyenne nationale. Mais ils illustrent parfaitement la vitesse à laquelle la situation s’est de nouveau tendue.
Le 19 septembre, le gazole atteignait environ 2,41 € le litre en moyenne en France, contre 2,18 € pour le SP95-E10 et 2,28 € pour le SP98. En seulement trente jours, le gazole a gagné près de 17 centimes par litre.
En avril dernier, lorsque nous consacrions déjà un article à la hausse durable des carburants, le gazole se situait autour de 2,20 € en moyenne. Cinq mois plus tard, il coûte environ 21 centimes supplémentaires par litre.
Cette nouvelle flambée montre à quel point le coût de la mobilité reste exposé à des événements sur lesquels les automobilistes n’ont pratiquement aucune prise.

Source : Carbu.com - Comparaison du prix moyen des carburant entre septembre 2025 et septembre 2026
À 2,99 € le litre, un plein de 50 litres approche 150 €
Les prix affichés dans certaines stations permettent de mesurer immédiatement ce que représente cette hausse.
Avec un gazole moyen à environ 2,41 € le litre, remplir un réservoir de 50 litres représente désormais près de 120 €.
À 2,99 € le litre, le même plein atteint 149,50 €.
Autrement dit, quelques dizaines de centimes supplémentaires sur le prix affiché à la pompe peuvent représenter plusieurs centaines d’euros sur une année pour un automobiliste qui utilise quotidiennement son véhicule.
Le phénomène n’est d’ailleurs plus marginal. Le 18 septembre, plus de 700 stations françaises affichaient déjà un gazole supérieur à 2,50 € le litre, dont environ 70 au-dessus de 2,70 €. Plus d’une centaine de stations vendaient également le SP95-E10 à 2,40 € ou davantage.
Ces chiffres ne signifient pas que le carburant à 3 € est devenu la norme en France. Ils montrent en revanche que ce niveau de prix n’est désormais plus théorique.

Source : TF1 - Prix des carburants dans une station à Strasbourg (17/09/2026)
À Toulouse, certains automobilistes choisissent entre attendre… ou payer davantage
La hausse des prix s’accompagne également du retour d’une image que les automobilistes français connaissent désormais bien : les files d’attente devant les stations les moins chères.
À Toulouse, la situation est devenue particulièrement visible ces derniers jours. Le 14 septembre, plusieurs stations étaient en rupture de certains carburants et une file de plusieurs dizaines de mètres s’étirait notamment devant la station TotalEnergies de la rocade de Purpan.
Un automobiliste interrogé après avoir cherché du carburant dans l’agglomération expliquait avoir passé près de trente minutes à tourner d’une station à l’autre avant de pouvoir faire le plein.
Le phénomène s’explique en partie par les écarts de prix entre les stations. À Toulouse, certaines stations proposant le gazole à 2,25 € attirent logiquement davantage d’automobilistes, tandis que d’autres dépassent 2,40 €. Le 20 septembre, le prix médian du gazole dans les stations toulousaines recensées se situait autour de 2,46 € le litre.
Les tensions sont également visibles dans les données officielles. Au 18 septembre, 14 % des stations-service d’Occitanie connaissaient une rupture d’au moins un carburant, contre 16 % dans le Grand Est.
Il ne s’agit pas pour autant d’une pénurie généralisée : à l’échelle nationale, environ 89 % des stations ne connaissaient aucune difficulté particulière d’approvisionnement. Mais lorsqu’une station moins chère se retrouve momentanément à sec, les automobilistes se reportent sur les établissements voisins, ce qui crée rapidement des files d’attente et de nouvelles ruptures locales.
La conséquence est assez paradoxale : les Français ne consacrent plus seulement davantage d’argent au carburant, mais parfois également davantage de temps pour réussir à en trouver à un prix acceptable.

Source : AFP/NICOLAS TUCAT - Files d'attentes dans les stations essences
Pourquoi les prix repartent-ils aussi fortement à la hausse ?
La principale explication reste internationale.
Les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran continuent de perturber les approvisionnements du Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant le conflit environ un cinquième du pétrole mondial, reste fortement perturbé.
À cette situation se sont ajoutées ces dernières semaines de nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières saoudiennes. L’un des principaux oléoducs permettant à l’Arabie saoudite de contourner le détroit d’Ormuz a notamment été touché, compliquant encore davantage l’acheminement du pétrole vers l’Europe.
Le 18 septembre, le Brent évoluait toujours autour de 105 dollars le baril, malgré un léger reflux. Quelques jours auparavant, certains chargements physiques de pétrole destinés au marché européen avaient dépassé 130 dollars le baril en raison des difficultés d’approvisionnement.
Lorsque les routes maritimes deviennent plus longues, que les infrastructures sont attaquées et que les capacités disponibles diminuent, le coût du pétrole ne constitue d’ailleurs qu’une partie du problème : le transport, l’assurance des navires et le raffinage deviennent eux aussi plus coûteux.
Le prix affiché à la pompe est donc la conséquence finale d’une chaîne énergétique mondiale extrêmement sensible à chaque nouvelle tension géopolitique.
Une dépendance dont le consommateur ne maîtrise pratiquement aucune variable
C’est probablement l’enseignement principal de cette nouvelle hausse.
Un automobiliste thermique peut choisir sa station, comparer les prix ou réduire certains déplacements. En revanche, il ne peut agir ni sur le cours du Brent, ni sur le détroit d’Ormuz, ni sur les attaques visant les infrastructures pétrolières, ni sur le coût du transport maritime.
Il reste donc dépendant d’une énergie dont le prix peut évoluer brutalement à plusieurs milliers de kilomètres de son domicile.
Les événements observés depuis le début de l’année l’illustrent particulièrement bien. Après une première flambée au printemps, les prix avaient partiellement reflué. Beaucoup pouvaient alors penser que la situation allait progressivement se normaliser. Quelques mois plus tard, le gazole vient pourtant de dépasser son précédent record d’avril.
La question n’est donc plus seulement de savoir jusqu’où le litre peut monter lors de la prochaine crise. Elle consiste surtout à se demander s’il est encore pertinent de conserver une mobilité totalement dépendante de cette volatilité.
Électrique contre thermique : lorsque les chiffres changent complètement la perspective
Le passage à l’électrique ne rend évidemment pas la mobilité gratuite. Il modifie toutefois profondément son coût énergétique.
En septembre 2026, parcourir 100 kilomètres avec un véhicule électrique rechargé à domicile revient à environ 3,09 € d’électricité en moyenne, et autour de 2,45 € lorsque la recharge est réalisée en heures creuses.
À titre de comparaison, une référence essence représentative atteint aujourd’hui environ 15,90 € pour 100 kilomètres.
Sur une distance de 15 000 kilomètres par an, cela correspond approximativement à 460 € d’électricité pour un véhicule électrique rechargé à domicile, contre près de 2 390 € de carburant pour le véhicule essence de référence.
L’écart approche ainsi 1 900 € par an uniquement sur l’énergie, avant même de prendre en compte les différences d’entretien entre les deux motorisations.
Ces montants dépendent naturellement du véhicule, de la consommation réelle, du contrat d’électricité et du mode de recharge. Ils permettent néanmoins de comprendre pourquoi la hausse actuelle du carburant dépasse la simple question du prix affiché sur un totem : elle modifie progressivement l’équation économique de la mobilité.

Source : Image d'illustration
La recharge à domicile change surtout la maîtrise du coût
L’un des principaux avantages de la mobilité électrique n’est pas seulement son coût au kilomètre. C’est également la possibilité de choisir davantage la manière dont l’énergie du véhicule est achetée et produite.
Une recharge effectuée sur une borne à domicile peut être programmée pendant les heures creuses, adaptée à la puissance disponible dans le logement et, lorsqu’une installation photovoltaïque est présente, synchronisée avec la production solaire.
Le contraste avec un véhicule thermique est important. Pour faire fonctionner une voiture essence ou diesel, il faut nécessairement acheter du carburant provenant d’une chaîne pétrolière internationale. Avec un véhicule électrique, une partie de l’énergie nécessaire aux déplacements peut au contraire être produite directement sur le bâtiment où le véhicule stationne chaque jour.
Cette différence prend une dimension particulière à Toulouse et en Occitanie, où les conditions d’ensoleillement permettent aux installations photovoltaïques correctement dimensionnées de produire une quantité importante d’électricité sur l’année.
Photovoltaïque, borne et stockage : produire une partie de l’énergie de sa mobilité
Une installation photovoltaïque ne supprime pas le coût d’un véhicule électrique et ne permet pas de garantir que chaque recharge sera intégralement solaire. Elle permet néanmoins de diminuer davantage la quantité d’électricité achetée sur le réseau lorsque les périodes de recharge correspondent à la production.
Une borne pilotable peut privilégier ces périodes de production solaire. Un système de stockage peut également conserver une partie de l’électricité produite dans la journée pour la restituer plus tard, en fonction des besoins du logement et du véhicule.

Source : Image d'illustration
La mobilité devient alors progressivement intégrée au système énergétique de la maison : le toit produit, la batterie stocke et la borne utilise une partie de cette énergie pour les déplacements.
Cette organisation ne met pas totalement un foyer à l’abri de l’évolution des prix de l’électricité. Elle réduit en revanche son exposition directe aux crises pétrolières et lui donne davantage de contrôle sur une dépense jusque-là entièrement subie.
Le véritable changement n’est peut-être pas le passage de 2 € à 3 €
La station d’Ostwald affichant 2,99 € le litre restera peut-être une exception. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le prix moyen national atteindra prochainement 3 €.
Mais ce n’est probablement pas la question la plus importante.
En février, les prix étaient nettement plus faibles. Au printemps, une première crise avait déjà poussé de nombreux carburants au-dessus de 2 €. Après une accalmie, les automobilistes font aujourd’hui face à une nouvelle flambée, à des records sur le gazole et au retour des files d’attente dans certaines villes.
Cette succession d’événements montre surtout la fragilité d’une mobilité entièrement dépendante du pétrole.
Passer à l’électrique ne doit donc pas nécessairement être envisagé comme une réaction à la prochaine hausse du carburant. Pour les ménages dont les usages sont compatibles, cela peut constituer une manière d’anticiper une transformation déjà engagée, tout en réduisant fortement le coût énergétique des déplacements.
Reprendre progressivement la maîtrise de son énergie
Chez Zelior, nous accompagnons les particuliers et les professionnels à Toulouse et en Occitanie dans cette évolution à travers l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE), de panneaux photovoltaïques et de solutions de stockage d’énergie (BESS).
L’objectif n’est pas simplement de remplacer une énergie par une autre, mais de permettre à chacun de mieux comprendre, produire et maîtriser l’énergie nécessaire à ses usages.
Dans un contexte où quelques jours de tensions à plusieurs milliers de kilomètres peuvent suffire à modifier fortement le prix affiché dans une station toulousaine, la capacité à produire et utiliser localement une partie de son énergie prend une dimension économique de plus en plus concrète.
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